Chauffe Marcel, chauffe au Paradis des accordéonistes!

Suite à ses problèmes de santé,l’accordéoniste Marcel Azzola est mort lundi 21 janvier, à l’âge de 91 ans, à l’hôpital de Poissy (Yvelines) .Depuis 4 ans, il était sous dialyse trois fois par semaine, ce qui l’empêchait de se produire en concert avec la pianiste et partenaire Lina Bossatti. Malheureusement, depuis l’été 2018, un diabète avait  provoqué des complications. Toutefois, il a gardé l’espoir de remonter sur scène jusqu’à la veille de son décès selon les confidences de cette dernière.Connu grâce à sa présence sur scène avec de grands noms comme Jacques Brel, Barbara ou Piaf, on associait ses interprétations aussi bien au bal musette qu’au jazz. Il faisait partie des plus grands accordéonistes de son époque au mêmetitre qu’Yvette Horner et André Verchuren.Marcel Azzola est né le 10 juillet 1927 à Paris dans le 20ème arrondissement dans une famille d’immigrés italien. Son père maçon dirigeait un ensemble de mandolines le dirige très jeune vers   la musique, d’abord au violon comme ses 2 soeurs, puis vers l’accordéon avec Attilio Bonhommi, ce qui lui permettrait de gagner sa vie. En 1939, il gagne son premier concours puis rencontre la célèbre Fréhel lors d’un radio-crochet où il remporte le premier prix..Pendant la guerre, il s’initie à la musique classique, joue pour  l’amicale des Aveugles de Pantin mais aussi dans des brasseries et des cabarets. Après la guerre et sa découverte du jazz, il a l’occasion de jouer pour  Django Reinhardt. C”est ainsi qu’il devient le précurseur de l’accordéon classique et du jazz en France en donnant des concerts en trio ou en quartet avec Stéphane Grappelli qui lui fait rencontrer Yehudi Menuhin, Didier Lockwood, Michel Legrand, Toots Thielemans.En 1948,  il est classé 4ème à la Coupe mondiale d’accordéon de Lausanne, remportée par Yvette Horner. Le succès s’enchaîne avec le premier prix au concours international de Stradella en Italie, puis la réalisation de son premier enregistrement ” Mademoiselle de Paris”, ce qui le mène à devenir  en 1954, le lauréat du grand prix du disque de l’académie Charles-Cros.Dans la même période il commence à accompagner de grandes pointures de la chanson:  Boris Vian, Édith Piaf, Tino Rossi, Yves Montand, Barbara, Juliette Gréco, Jean Sablon, Francis Lemarque, Gilbert Bécaud et Jacques Brel et son fameux “Chauffe Marcel, Chauffe !” de Vesoul, mais aussi Mouloudji. avec qui il sort  en 1976 une anthologie de la chanson musette. Il dirige aussi l’orchestre de bal composé de Didi Duprat à la guitare, Pascal Groffe à la basse et Jacques Irsa à la batterie.Au début des années 1960, la chanteuse, Lina Bossati vient les rejoindre avec son mari, Denis Tuveri à la suite duquel un album de duos, “Lina et Marcel”  sort en 2009.Sa célébrité le mène aussi à participer à des bandes son d’une centaines de films dont “Mon Oncle”,”Trafic” et “Playtime” de Jacques Tati;  “Le Juge et l’Assassin” de Bertrand Tavernier ; “Vincent, François, Paul et les autres” de Claude Sautet ; “L’Emmerdeur” d’Édouard Molinaro ; “Les Uns et les Autres” de Claude Lelouch ; “La Zizanie” avec Louis de Funès ; “La Veuve Couderc” avec Simone Signoret. En 1980, il participe avec le groupe des Sex Pistols pour le film qui leur est consacré “La Grande Escroquerie du Rock’n’roll”.Tout comme Yvette Horner, il a accompagné plusieurs manifestations cyclistes, 3 fois le Tour de France et plusieurs fois les 6 jours de Paris.Avec Emano Cavagnolo, il crée le centre d’enseignement “l’Académie des 4” puis il milite avec   André Astier, Joss Baselli, Joë Rossi, Myriam Bonnin, Christiane et Max Bonnay afin que l’accordéon entre dans l’enseignement dispensé au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, ce qui se réalise en 2002. L’accordéon redevient UN instrument de musique loin d’être considéré comme “piano du pauvre” et il a participé au a participé au développement de l’enseignement de l’accordéon notamment à l’École nationale de musique et de danse de la vallée de Chevreuse à Orsay.De nombreuses distinctions lui ont été attribuées durant sa carrière; Chevalier (1984), Officier (1991) puis commandeur de l’ordre des Arts et Lettres (2007) mais il a refusé  la Légion d’honneur. Aux Victoires de la Musique, il a été récompensé dans la catégorie “ Album jazz instrumental de l’année ” en 1995 puis il a reçu “La Victoire de la musique d’honneur” en 2006. […]

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