web analytics

Evacuation de la « Jungle » : plus de 700 migrants sont déjà partis

G. MIHAI

Traînant leur valise, portant leur sac, les migrants entassés depuis des mois dans la « Jungle » de Calais ont commencé à quitter lundi par autocar le vaste bidonville situé dans le nord de la France, que le gouvernement a décidé d’évacuer.

Plus de 700 migrants ont quitté ce lundi matin la « jungle » de Calais. L »évacuation du camp a commencé ce lundi matin à 8h. Pendant les trois jours qui viennent, l’État prévoit de diriger vers des centres d’accueil partout en France plus de 7.000 réfugiés.

C’est le coup d’envoi ce lundi du démantèlement de la « jungle » de Calais. Il a débuté officiellement à 8 heures mais des migrants ont commencé à évacuer le camp trois heures plus tôt. Ils étaient une centaine dès 6h30 devant le hangar de 3 000 m2 qui sert de centre de transit.

Il s’agit d’évacuer 7.000 migrants qui vivent dans la « jungle ». Ils doivent être envoyés dans des centres d’accueil partout en France. Des migrants qui ont tous été informés de l’opération ce dimanche. Les autorités se donnent trois jours pour évacuer le camp de réfugiés.
Plus de 700 migrants ont quitté le plus grand bidonville de France ce lundi matin, selon le ministère de l’Intérieur. Ils ont pris place à bord de 17 cars qui les emmènent dans les régions qu’ils ont choisi.
Une soixantaine de cars doivent emmener ce lundi les migrants vers l’un des 451 centres d’accueil et d’orientation ouverts un peu partout en France. 45 cars sont prévus demain mardi et 40 mercredi.

2.000 migrants persistent à vouloir rejoindre l’Angleterre et refusent de quitter la « jungle » de Calais, selon Christian Salomé, président de l’association de l’Auberge des migrants. « Pour le moment, ça se passe bien parce que ce sont des gens qui attendaient avec impatience de partir », souligne-t-il. Mais Christian Salomé se dit plus inquiet pour la fin de la semaine quand il ne restera que les migrants qui ne veulent pas partir.

« C’est une opération dont on souhaite qu’elle se déroule dans le calme et dans la maîtrise. C’est pour l’instant le cas », a déclaré lundi matin le ministre de l’Intérieur Bernard, en marge d’une intervention lors de rencontres à Paris avec les collectivité territoriales contre la radicalisation.

« L’objectif est de procéder à la mise à l’abri de ceux qui relèvent du statut de réfugié en France et qui n’ont pas vocation à être dans la précarité, dans la vulnérabilité à Calais, entre les mains des passeurs qui sont des véritables acteurs de la traite des êtres humains », a affirmé Bernard Cazeneuve.

Un premier car de migrants a quitté la « jungle » de Calais. Il a pris la direction de la Bourgogne. Ce car emmène une cinquantaine de Soudanais et d’Afghans. C’est allé très vite. On leur a montré une carte de France pour choisir leur destination. On leur a ensuite donné un bracelet. Ils ont ensuite embarqué dans le car. Des cars doivent partir tous les quarts d’heure jusqu’à ce lundi soir 20h.
« Si on arrive à orienter 2000 à 2500 personnes lundi, c’est très bien », a estimé Didier Leschi, directeur général de l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration).

Une fois vidé, le camp est promis à la démolition. Les pelleteuses devraient commencer dès mardi à déblayer tentes et baraquements, selon le programme prévu par les autorités.

Hommes, femmes, enfant venus de différents pays, pour la plupart d’Afghanistan, du Soudan ou d’Érythrée: ils sont 6000 à 8000 à s’être installés depuis des mois dans ce campement boueux face aux côtes anglaises, dans l’espoir de traverser la Manche pour commencer une nouvelle vie.

L’opération, officialisée vendredi, nécessite un dispositif logistique très important. D’ici mercredi, 145 bus partiront de Calais vers le reste de la France.

Agents de l’État, traducteurs, pompiers, secouristes, bénévoles d’association : plus de 2.000 personnes sont mobilisées dont plus de 1.200 policiers et gendarmes qui veillent notamment à ce qu’aucun squat ne se reforme à Calais. 50 sites sensibles ont été identifiés dans l’agglomération.