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Aulnay-sous-Bois: Un policier a été inculpé pour viol

GABRIEL MIHAI

Un policier a été inculpé pour viol, après une interpellation au cours de laquelle un jeune homme a été gravement blessé à coups de matraque, dans une cité de la banlieue parisienne. Trois autres policiers sont mis en examen pour violences volontaires en réunion.

Me Frédéric Gabet est le conseil du syndicat policier Alliance. Dans la nuit de jeudi à vendredi, il s’est rendu à l’IGPN (inspection générale de la police nationale) pour assister le gardien de la paix de 27 ans soupçonné d’avoir volontairement introduit une matraque télescopique dans le rectum du jeune Théo. Ce policier a intégré la fonction publique il y a quatre ans. Il a été affecté à Aulnay, puis dans la brigade spécialisée de terrain (BST), une unité confrontée quotidiennement aux violences des cités. Me Gabet dresse le portrait de «quelqu’un de calme et plutôt éduqué» et maintient qu’il «n’y avait pas d’intention de commettre un viol».

L’un des policiers impliqués dans une intervention violente jeudi à la cité de la Rose-des-Vents, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a été mis en examen dimanche soir pour « viol avec arme en réunion ». Ce qui le rend passible d’un renvoi devant une cour d’assises. Ses trois collègues qui composaient la patrouille, eux, sont, poursuivis pour « violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique ». Tous ont été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’exercer pour trois d’entre eux. Ils ont aussi tous été suspendus administrativement.

Le juge d’instruction est allé à l’encontre du parquet qui, lui, considérait que le geste était certes inexcusable car destiné à faire mal, mais sans portée sexuelle. La séquence ayant été filmée par les caméras de la ville, la suite de l’enquête reposera en grande partie sur l’interprétation de ces images, décrites comme de bonne qualité.

Au cours de cette opération, un jeune homme de 22 ans qui tente de leurs résister est frappé à coups de matraque. La scène, filmée par la vidéo-surveillance de la police municipale, montre notamment un policier «porter un coup de matraque horizontal au niveau des fesses» du jeune homme, après que son «pantalon a glissé tout seul», selon une source proche de l’enquête.

Le jeune homme a déclaré que l’un des policiers lui aurait introduit sa matraque dans l’anus. Gravement blessé au niveau de la zone rectale, il a dû être opéré et est toujours hospitalisé lundi.

Théo a confié de son lit d’hôpital à un proche qui l’a enregistré et que nous avons écouté est terrifiant. Le jeune homme y livre en détail sa version des faits qui se sont déroulés, jeudi dernier, à Aulnay-sous-Bois lors d’un contrôle d’identité. Un récit contesté par les quatre policiers mis en examen et suspendus par le ministre de l’Intérieur dans l’attente des conclusions de l’enquête. Le gardien de la paix poursuivi pour «viol» plaide un coup accidentel.

Le jeune homme, qui s’est vu prescrire soixante jours d’ITT après une opération consécutive à une déchirure à l’anus de 10 cm de long, reste, lui, toujours hospitalisé.

Au commissariat, le policier dit : Assieds-toi.J’arrive pas à m’asseoir, monsieur. Un collègue du commissariat dit : Ben écoute, allonge-toi, si t’arrives à t’allonger, on va quand même t’attacher au banc parce que c’est la procédure. Je m’allonge au sol, ils m’attachent au banc. Et le policier du commissariat, il a vu que j’étais vraiment mal et il a dit : Faut l’emmener, c’est grave. Les policiers qui m’ont frappé, ils disent : Mais non, il fait du cinéma. Il a voulu faire le grand. Lorsque le Samu arrive, conclut Théo, il regarde la plaie et il dit : C’est très grave, il faut l’opérer le plus rapidement possible.