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Présidentielle américaine: TRUMP devient le 45e président des Etats-Unis sans aucune expérience politique

GABRIEL MIHAI

Pour beaucoup, l’arrivée au pouvoir du milliardaire, qui sera effective fin janvier, sera un saut dans l’inconnu.

Les citoyens des États-Unis ont départagér Hillary Clinton et Donald Trump, selon un mode de suffrage différent de celui appliqué en France.
Les Américains sont passés aux urnes le mardi 8 novembre, pour élire leur prochain Président.
A l’issue de ce vote, des grands électeurs sont désignés pour former un collège électoral : démocrates ou républicains, ils sont le reflet du choix
des électeurs dans chaque État. Dernière étape le 19 décembre : ces grands
électeurs éliront officiellement le président et le vice-président.
Ils sont 538 au total, et leur nombre varie selon les États en fonction de
leur population. Chaque État a autant de grands électeurs que d’élus à la
Chambre des représentants (nombre qui dépend de leur population) et au
Sénat (deux, nombre fixe dans tous les États). La Californie en a par
exemple 55, le Texas 38, l’Etat de New York 29, la Floride 29, et à l’autre
bout, le Vermont, l’Alaska, le Wyoming et le Delaware n’en ont que trois.
Un candidat doit obtenir la majorité absolue des 538 grands électeurs, soit
270.
Dans tous les États sauf deux, le candidat qui remporte la majorité des
voix rafle tous les grands électeurs de l’État, qu’il gagne à 50,1% ou à
85%. C’est ce qu’on appelle le système du « winner takes all ». Dans le
Nebraska et le Maine uniquement, ces grands électeurs sont attribués à la
proportionnelle.
Certains États sont historiquement démocrates, d’autres résolument
républicains. Vu le mode de scrutin, les candidats se concentrent donc sur
une douzaine d’États qui peuvent basculer d’un côté ou de l’autre, et avoir
un impact sur le résultat de l’élection. Les plus importants sont ceux qui
ont le plus de grands électeurs, comme la Floride (29), la Pennsylvanie
(20) ou l’Ohio (18).
Alors que les résultats de tous les Etats n’étaient pas encore connus,
Donald Trump était crédité de 279 grands électeurs, soit sept de plus que
la majorité absolue nécessaire pour accéder à la présidence.
Le candidat républicain a bâti son succès en remportant la quasi-totalité
des Etats clés (« swing states ») tels que la Floride, l’Ohio ou la Caroline
du Nord et en ravissant à sa rivale des bastions démocrates.
Le républicain populiste Donald Trump, 70 ans, a remporté l’élection
présidentielle américaine, un séisme politique qui plonge les Etats-Unis et
le monde dans une incertitude vertigineuse.
Au terme de plusieurs mois de campagne électorale, le verdict est tombé aux
Etats-Unis : le républicain Donald Trump sera le 45e président des
Etats-Unis. Le milliardaire l’emporte sur sa rivale démocrate Hillary
Clinton.
La stupéfaction est totale. Donald J. Trump va succéder à Barack Obama pour
devenir le 45e président des États-Unis.
À la surprise générale, le milliardaire magnat de l’immobilier a obtenu 279
grands électeurs, dépassant la barre des 270 sur 538 qui était nécessaire
pour l’emporter. Sa rivale démocrate, dont le clan se satisfaisait des
premiers bons résultats annoncés dans la soirée, n’a recueilli que 218
grands électeurs.
Dans son discours de victoire prononcé à Manhattan, le président élu s’est
posé en leader capable de faire doubler la croissance du pays et de réunir
la nation pour l’emmener vers « le rêve américain ». Convaincu de pouvoir
rendre sa grandeur à l’Amérique – Donald Trump a assuré avoir reçu un appel
d’Hillary Clinton qui a accepté sa défaite.
L’élection de Donald Trump, porteur d’un programme conservateur et
isolationniste, a suscité une vague d’inquiétude sur les marchés
financiers. Salué par Vladimir Poutine, le futur locataire de la Maison
Blanche a aussi reçu les félicitations de François Hollande. Le président
français estime cependant que ce résultat ouvre une « période d’incertitude ».
Huit ans après l’élection de Barack Obama, premier président noir qui avait
suscité une immense vague d’espoir, Donald Trump, taxé de sexisme et de
xénophobie par ses adversaires, l’a emporté sur la démocrate Hillary
Clinton qui espérait devenir la première femme présidente de l’histoire.
Le septuagénaire, dont le programme de politique étrangère suscite de très
nombreuses interrogations, s’est par ailleurs engagé à entretenir de bonnes
relations avec les autres pays. « Nous avons un bon programme économique », a
ajouté celui qui avait fait campagne comme l’outsider déterminé à mettre
fin à la corruption des élites politiques. « Nous allons de nouveau rêver de
grandes choses pour notre pays ». « Nous allons nous mettre au travail
immédiatement pour le peuple américain », a-t-il conclu.
Plus de 60% des Américains pensaient que Donald Trump n’avait pas le
caractère pour devenir président. Mais il a réussi à capter la colère et
les frustrations d’une partie de l’électorat.
L’homme d’affaires milliardaire, en qui personne ne croyait lorsqu’il a
lancé sa candidature en juin 2015, n’a jamais occupé le moindre mandat
électif. Sans attendre la confirmation de sa victoire, la présidente du
Front national (extrême droite française) Marine Le Pen a adressé mercredi
matin sur Twitter ses « félicitations au nouveau président des Etats-Unis
Donald Trump et au peuple américain, libre ».
Salué par le MONDE entier, le futur locataire de la Maison Blanche a reçu
des félicitations:
Le président mexicain Enrique Peña Nieto se dit prêt à travailler avec
Donald Trump. Malgré les déclarations insultantes du républicain à l’égard
des Mexicains, réduits en « violeurs » et narcotrafiquants, et sa volonté de
construire un mur entre les deux pays, qui serait payé par le Mexique, le
45e président des États-Unis avait été reçu durant la campagne par le chef
d’État mexicain.
Theresa May, Angela Merkel, le président chinois Xi de reconnaître la
victoire de Trump. Selon des propos rapportés par la télévision d’État, il
s’est dit « impatient » de travailler avec lui.
Nicolas Sarkozy, lui aussi candidat à la primaire de la droite, assure que
l’élection de Trump « exprime le refus d’une pensée unique ». « Le monde a
besoin d’une Amérique fidèle à sa tradition de liberté et de démocratie. La
France est, et sera, toujours l’allié des États-Unis, mais un allié libre »,
ajoute-t-il lors d’une conférence de presse.
Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite, pointe les « risques que
la démagogie et l’extrémisme font courir à la démocratie ». « Le monde a
besoin d’une démocratie américaine apaisée et qui contribue à l’équilibre
du monde, aujourd’hui gravement menacé. Il appartient désormais à M. Trump
de définir les grandes lignes de sa politique internationale et les axes de
son dialogue avec la France et l’Europe ».

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