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PRÉSIDENTIELLE: BENOÎT HAMON OFFICIELLEMENT CANDIDAT

GABRIEL MIHAI

L’ex-ministre de l’Education nationale est officiellement devenu dimanche le candidat à la présidentielle .

Sept jours après sa victoire triomphante à la primaire de la Belle Alliance populaire, Benoît Hamon est entré dans le vif du sujet, ce dimanche 5 février, jour de son investiture par le Parti socialiste. Le député des Yvelines entamait véritablement aujourd’hui sa campagne présidentielle.

Il a été officiellement investi dimanche en présence de quelque 2000 militants réunis à la salle de la Mutualité, à Paris, candidat du Parti socialiste (PS) et de ses alliés.

«Tout ce que je perçois partout où je vais montre qu’est en train de se lever un vent, un mouvement, une aspiration à nous tourner vers l’avenir qui va une fois de plus démentir tous les pronostics», a-t-il dit dans une allusion aux sondages qui donnent la gauche exclue du second tour de la présidentielle d’avril-mai.

Deux de ses rivaux de la primaire, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, et une poignée de ministres, dont Najat Vallaud-Belkacem et Emmanuelle Cosse, étaient présents pour l’occasion. Mais ni Manuel Valls, qu’il a devancé au deuxième tour fin janvier, ni aucun ténor du gouvernement ou de la garde rapprochée de François Hollande n’avaient fait le déplacement.

Le chef de file de l’aile gauche du PS a quand même fait applaudir le chef de l’Etat, qu’il a cité sur la laïcité ou pour les «mesures graves» prises pour assurer la sécurité des Français, qui ont permis de sauver des vies. Mais il a soufflé le chaud et le froid sur son bilan.

Si Benoît Hamon peut compter sur le soutien conséquent de personnalités marquées à gauche, telles qu’Anne Hidalgo et Christiane Taubira, l’aile droite du Parti socialiste, regroupée dans le pôle des réformateurs, demandait des gages au candidat du parti à la rose. Car la tentation de rejoindre Emmanuel Macron est bien là. Mais ce discours d’investiture ne les aura sans doute pas apaisés. Le choix de faire monter Christiane Taubira à la tribune en était sans doute un signe.

Dans son discours d’une heure, Benoît Hamon a défendu un projet qui repose sur une politique et non le rassemblement derrière une figure charismatique ou un homme providentiel. «Je ne crois plus du tout dans cette forme d’immaturité qui consiste à proposer un guide au peuple et à la Nation dans un rapport assez abstrait aux foules et au peuple, qui vous amène à assumer tranquillement être la solution aux problèmes de tous les Français», a-t-il indiqué.

«Dans l’humeur du temps, il y a la doctrine du Guépard. Tout change en surface pour qu’en réalité rien ne change derrière», a-t-il déclaré. «On les voit les jeunes guépards, les créatures du système qu’une habile manipulation transforme soudain en grands transformateurs», a-t-il dit dans une référence à l’ancien ministre de l’Economie Emmanuel Macron.

Benoît Hamon a également indiqué qu’il ne posait aucun préalable à ceux qui veulent discuter avec lui. Et d’ajouter : «Je leur demande en échange de ne pas me demander des têtes», faute de quoi un rassemblement n’aurait aucun sens.

Il faisait allusion à la requête du chef de file des «Insoumis» Jean-Luc Mélenchon, qui exclut tout futur accord, si le PS investit les ministres du Travail et des Affaires sociales Myriam El Khomri et Marisol Touraine pour les prochaines législatives en raison des lois qu’elles ont portées.