Dans la section Un Certain Regard, Club Kid s’impose progressivement comme l’un des films dont tout le monde parle cette année. Premier long métrage de Jordan Firstman, le film mêle chronique queer, drame familial et portrait générationnel avec une énergie visuelle particulièrement moderne.
L’histoire suit Peter, organisateur de soirées new-yorkaises dont la vie bascule lorsqu’il découvre qu’il est le père d’un garçon de dix ans nommé Arlo. Après le suicide de la mère de l’enfant, celui-ci est envoyé depuis le Royaume-Uni pour vivre avec lui.
Sous ses apparences de comédie excentrique, Club Kid révèle rapidement une profondeur émotionnelle inattendue. Jordan Firstman filme un monde saturé de musique, de fête et d’excès, mais derrière cette agitation permanente apparaît un immense vide affectif.
Peter refuse de grandir, fuit ses responsabilités et semble incapable de stabilité. Pourtant, la présence d’Arlo agit progressivement comme une forme de reconstruction émotionnelle. Le film évite intelligemment les clichés habituels du récit de rédemption et préfère montrer une évolution fragile, imparfaite et profondément humaine.
La mise en scène impressionne particulièrement pour un premier film. Les séquences nocturnes sont portées par une énergie visuelle permanente où les lumières artificielles, la musique et le montage nerveux traduisent l’état psychologique des personnages.
Mais Club Kid dépasse aussi largement le simple récit queer festif. Le film parle de solitude, de vieillissement émotionnel et du besoin de créer des liens sincères dans une génération marquée par l’instabilité.
L’arrivée des services sociaux britanniques vient ensuite confronter cette famille improvisée à la réalité institutionnelle. Le passé de Peter et ses liens avec les drogues deviennent des menaces directes contre cette nouvelle relation père-fils.
Le photocall du film a également marqué la Croisette. Jordan Firstman et Diego Calva ont créé l’un des moments les plus commentés du Festival en échangeant un baiser devant les photographes.
Cette séquence devenue virale résume parfaitement l’esprit de Club Kid : irrévérencieux, queer, festif mais aussi profondément humain.
Rarement un photocall d’Un Certain Regard aura autant attiré l’attention médiatique cette année. Et dans un Festival comme Cannes, cette capacité à créer un événement autour d’un film joue souvent un rôle important dans sa trajectoire vers le palmarès.
Aujourd’hui, Club Kid ne se contente plus d’être une réussite critique : le film est devenu un véritable phénomène cannois. Son accueil enthousiaste et l’énergie qui l’entoure sur la Croisette en font désormais l’un des grands favoris d’Un Certain Regard 2026.
Avec son mélange d’émotion, d’humour et de modernité, Jordan Firstman signe probablement l’une des révélations américaines majeures du Festival cette année.





Gabriel MIHAI
Gabriel Mihai est journaliste et rédacteur en chef pour IMPACT EUROPEAN. Il couvre l’actualité européenne et internationale, les analyses politiques et les tribunes d’experts. Passionné par la géopolitique et le journalisme d’investigation, il coordonne les publications et veille à l’exactitude des informations publiées sur le site.
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