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La Moldavie répète les erreurs des élections présidentielles roumaines, avoir peur d’une présidentielle décisive pour l’avenir du pays

GABRIEL MIHAI

Des problèmes de vote pour les Moldaves à l’étranger.

Que nous réserve le second tour des élections ?

Les bulletins de vote ont été épuisé à un bureau de vote à Moscou. Quelques heures plus tôt, le scrutin de Londres, Dublin, Bologne, Barcelone, deux sections de Paris, et la station à l’ambassade moldave à Bucarest sont restés aussi sans bulletins de vote.
Les Moldaves ont commencé à voter ce dimanche pour la 2émé élection présidentielle au suffrage universel depuis 1997, suite à une décision en mars de la Cour constitutionnelle. Un scrutin dans lequel s’affrontent les partisans d’un rapprochement avec la Russie et les défenseurs d’une intégration à l’Union européenne.
Ainsi, le second tour des élections, qui s’est déroulé le 13 novembre, augure un affrontement serré entre Maia Sandu, pro-Européenne, ancienne Ministre de l’Education et ancienne conseillère du Directeur de la Banque Mondiale à Washington, et Igor Dodon, candidat pro-russe, Président du Parti Socialiste de Moldavie.
Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures (6 heures à Paris) pour cette élection qui s’annonce serrée dans ce pays de 3,5 millions d’habitants, secoué par une profonde crise politique après la découverte, l’an passé, d’une gigantesque fraude bancaire.
La participation reste une variable clé et les chances de Maia Sandu s’amélioreront si elle est en capacité de mobiliser les absentionnistes : en effet, au premier tour, seuld 49% des votants se sont rendus aux urnes. Les jeunes ont été les moins nombreux à se mobiliser, puisque 10% d’entre eux seulement ont participé. Des experts considèrent qu’au moins le double de cette catégorie d’âge est susceptible d’aller voter, la plupart des jeunes se rapprochant des orientations politiques de Maia Sandu plutôt que d’Igor Dodon.
Le gouvernement moldave a fait part de son intention de rejoindre l’Union européenne mais le pays d’Europe orientale reste hésitant entre une éventuelle adhésion à l’UE ou sa loyauté à Moscou. L’économie moldave a souffert ces dernières années, perdant plus d’un huitième de son PIB (produit intérieur brut). Le Premier ministre Pavel Filip a déclaré, lorsqu’il est allé voter dans la capitale Chisinau, qu’il espérait que le rapprochement avec l’UE et les réformes de son gouvernement pourront être poursuivis. « Nous avons eu des accords clairs avec l’Europe, le FMI et la Banque mondiale. J’espère que le nouveau président ne va pas les détricoter ».
L’ambiance aie été calme à Chișinău, mais les Moldaves qui se rendent aux urnes sont sous le choc des insultes et manipulations employés pendant cette campagne. Maia Sandu en particulier a été la cible de toutes les attaques, mettant en cause son intégrité ou même son orientation sexuelle.
Mais si la campagne a été aussi dure, c’est qu’il a vraisemblablement eu peur de Maia Sandu, et de son programme de lutte contre la corruption. Il y a donc un enjeu ce dimanche, même si le président en Moldavie n’a qu’une fonction honorifique. L’élection donnera le ton de la politique du pays pour les années à venir.