web analytics

AGIPI crée une « garantie violences conjugales » pour les victimes

L’an dernier, Uber et Uber Eat étaient associés à « Femme avec… », pour aider les femmes victimes de violences conjugales.

Ensemble, ils ont offert 50 000 trajets gratuits vers des refuges et des espaces sûrs dans plus de 17 pays jusqu’à fin mai 2020. En France, les trajets Uber étaient proposés dans 24 villes. Les paniers Uber Eats étaient livrés dans 147 villes.

Cette année, Muriel Réus, présidente de « Femme avec… »a décidé de se joindre à l’association AGIPI dont elle est administratrice pour soutenir les victimes de violences conjugales. C’est ainsi qu’est née une garantie violences conjugales dans le cadre du contrat prévoyance CAP. Ecouter, échanger, accompagner individuellement les victimes sont les principaux aspects de cette garantie prenant en charge les violences conjugales.

Crise sanitaire et violences conjugales

Les violences conjugales sont un phénomène présent dans le monde depuis des siècles. Elles s’appliquent au sein du couple et se caractérisent par un rapport de domination d’un des partenaires sur l’autre.  Qu’il s’agisse d’agressions verbales, psychologiques, physiques, sexuelles, menaces, pressions,  privations ou contraintes , elles peuvent causer chez la victime des dommages psychologiques, physiques, un isolement social pouvant aller jusqu’à la mort. 

Ces violences s’adressent aussi bien aux hommes (près d’un quart) qu’aux femmes (dans la plupart des cas). Elle sévit aussi dans les couples hétéros ou homosexuels.

Depuis l’apparition de la pandémie en 2020, on a pu constater une amplification du phénomène. Cela touche les personnes les plus vulnérables mais aussi les familles où le confinement a accru les violences  conjugales à domicile. Ces violences domestiques peuvent aussi  atteindre les autres membres de la famille, en particulier, les enfants.

C’est pourquoi l’association « Femmes avec… » a choisi ce slogan » Restez chez vous, ce n’est pas frappez chez vous ! »

Des chiffres inquiétants et un nouveau fonctionnement du 3919

Au début du confinement, on a pu constater une augmentation de +32% en zone rurale et de +36 %  en zone urbaine. Une femme sur 3 a été touchée. En une année, les signalements de violences conjugales ont augmenté de 60 % en France. C’est ce qui a motivé l’engagement de Muriel Réus et  d’AGIPI dans leur réponse innovante face à ce fléau . En 2020,  on a compté 156 000 victimes dont 137 280 femmes (+ 9,6 % par rapport à 2019); + 36 % de déclarations de violences conjugales et + 22 % d’appels traités par le 39 19.

Le 3919 est le numéro à joindre en cas de violences conjugales. La Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), a créé ce numéro en 1992, soutenue par le Ministère chargé des droits des femmes, en partenariat avec de nombreuses associations de défenses  des droits des femmes. Parmi elles, se trouvent l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail ou l’Association Femmes solidaires.

La Journée Internationale des droits de la Femme face aux violences

En 1910, l’Internationale socialiste réunie à Copenhague, au Danemark, décide d’instaurer une Journée des femmes pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et  favoriser l’obtention du suffrage universel pour les femmes.

Le thème choisi en 2021, pour la Journée internationale des femmes ( 8 mars) est  « Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19« . Cela conforte les efforts des femmes et des filles  dans le monde pour façonner un futur et une relance plus égalitaires suite à la pandémie de Covid-19. Il met en lumière les lacunes à combler, dont la parité professionnelle.

ONU Femmes a soutenu toutes les femmes en première ligne (profession de santé, scientifiques ou dirigeantes) dans la lutte contre cette pandémie en faisant la promotion de modalités de travail flexibles ; et en privilégiant les services de prévention de la violence basée sur le genre.

Violences conjugales: pourquoi?

La violence conjugale n’arrive pas du jour au lendemain, elle s’installe petit-à-petit. Reconnue en France depuis quelques années, elle est sortie du silence grâce à  la médiatisation. Le domicile devient pour les victimes, un lieu de mépris et d’agressions de tous genres (physique, sexuelle. verbales, psychologique ou économique).

Les violences physiques laissent souvent des traces sur le corps ou le visage, allant jusqu’à des blessures ouvertes  et même des membres fracturés. Certaines victimes peuvent avoir des séquelles à vie. On ne compte pas les affections somatiques (eczéma, maux de tête, infections gynécologiques) générées par ces violences. Par ailleurs, on a dénombré 106 personnes tuées par leurs conjoints ou ex-conjoints en France en 2020, dont 90 femmes, contre 173 (dont 146 femmes) en 2019. Ce chiffre est le plus bas depuis le premier recensement de féminicides en 2006.

A l’opposé, les violences intrafamiliales ont augmenté. En 2020, on recensait +9 % de plaintes pour violences intrafamiliales par rapport à 2019. Une hausse pour la 3e année consécutive.

Comment cela commence-t-il?

Un simple mot, un état second du mari lié à une absorption d’alcool ou de drogue, un caractère jaloux peuvent tout déclencher. Il existe aussi des circonstances où les mères veulent protéger leurs enfants, des coups ou même d’inceste.. Les principes religieux, raciaux , même politiques peuvent être pris en compte.

Comment lutter contre ces violences?

De nombreuses associations se mobilisent pour venir en aide aux victimes et les prévenir du danger qu’elles encourent. Elles tentent de trouver une solution pour les aider à fuir de telles situations et organisent même des réseaux. Elles se mobilisent pour avertir le public et dénoncer les dérives.

Grenelle des violences conjugales

Fin 2019,  le gouvernement avait organisé un  » Grenelle » des violences conjugales. Une quarantaine de mesures avaient abouti. Parmi elles, on notera:

  • la levée du secret médical dans certains cas de violences conjugales.
  • le déploiement de bracelet anti-rapprochement pour les conjoints ou ex-conjoints violents.
  • la promesse de faire fonctionner le 3919, ligne d’écoute dédiée aux victimes de violences conjugales 24 h/24 et 7 j/7.
Un nouveau fonctionnement du 3919 a vu le jour le 25 mai dernier. Cela fait suite à la signature d’une convention pluriannuelle d’objectifs entre l’Etat et la FNSF. Les horaires  3919, plateforme nationale (écoute, informations et orientation des victimes, y compris les personnes en situation de handicap) sont étendus dès la fin juin2021 (lundi au vendredi: 24h/24 et le week-end: 9h – 18h). Avant fin août 2021, les plages horaires seront totalement étendues : 24h/24 et 7j/7.

L’association « FEMMES AVEC… » et AGIPI

L’association « Femmes Avec.. » permet l’identification, le recensement et l’analyse des problèmes et des obstacles existants; la diffusion de solutions disponibles. Elle effectue un travail d’influence sur les organes législatifs et réglementaires et fait la  promotion d’initiatives exemplaires. Ses principales thématiques sont la lutte contre les violences faites aux femmes; l’égalité Femmes/Hommes; la lutte contre la situation précaire des mères isolées; les familles monoparentale​s; l’éducation et la formation et la sensibilisation.

Cette année grâce au travail en commun de Muriel Réus, fondatrice de « Femmes avec… » et de l’association des assurés d’AGIPI, une garantie « violences conjugales » a pu voir le jour.  Cette garantie inclut:

  • Un numéro de téléphone dédié ouvert 24h/24 et7j/7,  le 01 55 92 24 58.
  • Un soutien psychologique.
  • Une protection juridique.
  • Une prise en charge spécifique en cas d’incapacité.

AGIPI est une  association indépendante d’assurés pour l’Epargne, la Retraite, l’Assurance emprunteur, la Prévoyance et la Santé. Créée en 1976,. Partenaire du groupe AXA, elle répond aux besoins de ses adhérents, tout en innovant constamment pour améliorer la protection sociale et patrimoniale.  Depuis la crise sanitaire, AGIPI s’est mobilisée face au coronavirus. Sa branche « AGIPI Régions Solidaire » a obtenu en décembre 2020, le label « RELANCE », contribuant ainsi à la reprise de l’économie nationale grâce à ses épargnants.

L’application gratuite APP ELLES

L’application  APP ELLES est un dispositif d’alerte personnel inédit. Grâce à cette application lancée en 2015, victimes ou témoins peuvent en cas d’urgence ou détresse, alerter ou contacter des proches,  les services d’urgence, les associations et toutes les aides disponibles autour d’eux. Disponible dans plus de 13 pays, App-Elles centralise et relaie les informations locales et les dispositifs nationaux. Les fonctions principales sont:  Envoyer et recevoir des alertes, Contacter les aides professionnelles, Trouver un centre d’accueil, S’informer sur les violences (fiches conseils et liens utiles), Utiliser les services en ligne.APP ELLES se présente sous forme de 3 boutons correspondant à chacune des 3 étapes:ALERTER: Définir d’abord 3 personnes « contact d’alerte« . Cette touche permet d’envoyer automatiquement   toutes les 90 secondes, un message d’appel à l’aide (sous forme de sms), de définir sa position GPS, grâce à une photo prise automatiquement par le téléphone. Il permet d’ appeler le 112,  numéro unique fonctionnant dans tous les Etats membres de l’Union européenne.EN PARLER: Relation avec 3 associations aux niveau local ou international: Violences Femmes Informations (3919), Allô Enfance en danger (119), 08Victimes (08 842 846 37).AGIR: Recenser et référencer les structures et associations; les dispositifs d’aide aux victimes; les définitions des différentes formes de violences et les conséquences sur la santé.

Les féminicides depuis le début de l’année

Depuis le début 2021, on a constaté 48 féminicides en France.  On compte 37  femmes tuées chez elles,  dont 22 mères de famille laissant ainsi 40 enfants sans maman. Pour les 9 d’entre eux qui ont assisté à la scène, ce sera un lourd traumatisme. En 2019, 25 enfants sont morts suite à des violences au sein du couple.

En ce qui concerne les auteurs des agressions, 15 se sont donnés la mort et 4 ont tenté de se suicider.

Dans nombreux de ces cas, la question des dysfonctionnements entre la police et la justice se pose. L’histoire se répète malgré les plaintes des femmes auprès des autorités. Le féminicide de Hayange le 23 mai  dernier en est la preuve. La jeune femme de 22 ans a été rouée de coups puis poignardée  en pleine rue par son compagnon. Elle avait porté plainte contre celui qui l’avait menacée lors d’un parloir en février.

Par ailleurs, on constate des moyens insuffisants pour prendre en charge mères et enfants. En septembre dernier, le Premier ministre avait promis un millier de places d’hébergement supplémentaires, ce qui reste au dessous des besoins , selon les associations.

L’Espagne publie les chiffres, identifie d’avantage les problèmes et suit les dossiers plus efficacement que la France.