e-Commerce et click & collect: nouveaux outils d’une pseudo-reprise

Depuis le 30 octobre, le reconfinement est  en place à l’échelle nationale pour lutter contre la propagation du coronavirus. Il doit durer jusqu’au 1er décembre, peut-être même d’avantage.

Les déplacements pour raisons impérieuses restent autorisés à Paris et dans les grandes villes. Les établissements scolaires (avec protocole sanitaire renforcé) sont ouverts.  Les déplacements d’une région à une autre sont interdits.

Une autorisation de déplacement est obligatoire pour toute sortie du domicile (promenade animaux, courses…).

Livraisons à domicile et vente à emporter à Paris

Le 5 novembre, la préfecture prend un arrêt préfectoral, applicable dès le lendemain. Il interdit certaines activités entre 22 h et 6 h du matin dans la capitale:

  • Livraison et vente à emporter de tout produit préparé par les restaurants, débits de boisson et établissements flottants.
  • Vente de boissons alcooliques et leur consommation sur la voie publique.
  • Le Click & Collect durant cette tranche horaire

Les commerces dits « essentiels » qui gardent leurs portes ouvertes

  • Commerces alimentaires et marchés (couverts et en plein air)
  • Magasins de bricolage
  • Garages automobiles
  • Opticiens
  • Magasins d’équipement informatique et matériels de communication
  • Jardineries
  • Commerces de gros
  • Magasins pour animaux de compagnie
  • Papeteries
  • Laveries et blanchisseries.
  • Certains services (Banques, poste, assurances, agences d’intérim)
  • Les usines, les exploitations agricoles et le BTP

Toutefois, la fermeture des librairies a soulevé une polémique. Cependant, elles ont la possibilité de mettre en place  le « Click & Collect ». Les clients peuvent réserver et commander leurs livres en indiquant des horaires pour les récupérer à l’entrée du magasin. Alternative au géant  américain Amazone, d’autres branches pratiquent aussi ce nouveau système de commerce. Ce sont, les marchands de jouets, les parfumeurs, certains magasins de vêtement, alimentaire, fleuristes …

Le e-commerce

Depuis la première vague de la pandémie, le commerce en ligne a pris de l’ampleur. Les commerçants cherchent une réponse simple et efficace  à l’utilisation de la technologie et de la communication.

Le e-commerce représente les différentes transactions commerciales qui se font à distance sur internet au travers d’objets numériques et digitales.

Les différentes formes de e-commerce

1. B2B (Business to Business)
Toutes les transactions électroniques de biens ou de services effectuées entre les entreprise (producteurs et grossistes traditionnels).

2. B2C (Business to Consumer)
Mise en place des relations d’affaires électroniques entre les entreprises et les consommateurs finaux (section du détail).

3. C2C (Consumer to Consumer)
Toutes les transactions électroniques de biens ou de services effectuées entre les consommateurs. (Transactions effectuées par un tiers, qui fournit la plate-forme en ligne où les transactions sont effectivement réalisées).
4.C2B (Consumer to Business)
Très commun dans le crowdsourcing projets basés. Un grand nombre de personnes font leurs produits ou services disponibles à l’achat pour les entreprises qui cherchent ces types de services ou produits.
5. B2A (Business to Administration)
Toutes les transactions effectuées en ligne entre les entreprises et l’administration publique (les services dont  la sécurité fiscale, sociale, l’emploi, les documents juridiques et registres).Ces types de services ont augmenté ces dernières années avec des investissements réalisés dans e- gouvernement.
6. C2A (Consumer to Administration)
Toutes les transactions électroniques effectuées entre les individus et l’administration publique.

Les avantages de l’e-commerce

Ce type de commerce ne nécessite pas forcément un gros investissement. Il permet aussi aux consommateurs de pouvoir choisir sans avoir besoin de se déplacer, même à l’autre bout du monde. C’est un moyen de raccourcir la chaîne de distribution, parfois la supprimer. On assiste alors à une augmentation de la compétitivité des entreprises, amenant une amélioration de la qualité du service. De plus, il existe une facilité  de service grâce à l’ouverture 24h/24 et 7j/7 sur internet, ainsi qu’une baisse des coûts de transaction.

Les inconvénients de l’e-commerce

  • Absence de législation qui réglemente de manière adéquate les nouvelles activités de commerce électronique, national et international
  • Dépendance aux technologies de l’information et de la communication (TIC)
  • Les clients ne peuvent pas toucher ou essayer les produits);
  • Perte de la vie privée, la perte des régions, de l’identité culturelle et économique du pays
  • Insécurité des transactions commerciales en ligne.

Click & Collect, une nouvelle voie du e-commerce

Depuis le 14 mars et la première vague de coronavirus, la vie a du s’arrêter jusqu’au 11 mai. Les commerçants ont du trouver un moyen de vendre les produits de première nécessité. Internet a été la solution pour continuer leur activité, soit par le biais d’un site (paiement en ligne), soit en vente directe avec mesures barrières ( paiement à la livraison).

Malgré le déconfinement, les Français ont gardé l’habitude de l’achat en ligne et il s’est à nouveau généralisé avec le reconfinement depuis le 30 octobre. A partir du 6 novembre, la préfecture a restreint les livraisons et la vente à emporter, les interdisant entre 22h et 06h. Les commerçants vendent en ligne et les clients viennent récupérer leur commande ou se la font livrer entre 06h et 22h. Les déplacements pour effectuer des achats de première nécessité dans des établissements dont les activités demeurent autorisée, sont tolérés munis d’une autorisation de déplacement. Les établissements habituellement ouverts au public laissent leurs portes closes mais peuvent accueillir les clients à la porte. Le paiement sans contact est privilégié.

Click &Collect: Comment ça marche?

  1. Le client se rend sur le site internet du vendeur. Pour les commerces n’ayant pas internet, la réservation en ligne des produits peut se faire sur les réseaux sociaux, via Messenger sur Facebook ou la messagerie instantanée sur Pages Jaunes. Pour les services de prestations comme les coiffeurs, prise de rendez-vous en ligne.
  2. Il réserve sa commande en ligne sans se faire livrer
  3. Il passe récupérer lui-même ses achats, en magasin ou dans un point de retrait, quand il veut (pas de frais de livraison).

Ce système a été préconisé par le gouvernement durant la première vague de crise du Covid pour aider au maintien de l’économie et permettre un relai d’activité. De grandes marques y ont adhéré afin de séduire leur clientèle.

Il existe 2 formes de Click&Collect: « Piéton » (en allant retirer son colis à pied) ou « Drive » (en s’y rendant en voiture.

Ce mode de commerce a plusieurs avantages:

  • Gagner un temps précieux : pas besoin de trouver le produit en rayon, ou de faire la queue en commandant de son canapé
  • Economiser les frais de livraison  en allant récupérer le colis quand on veut
  • Réserver le produit, s’il n’est plus en stock dans l’immédiat

Concernant la restauration dont les établissements sont fermés, des plateformes de livraisons assurent les livraisons à domicile. Parmi elles, on note JustEat, Deliveroo ou Uber Eat… qui proposent un logiciel de commande et de gestion, des outils de communication et de marketing ciblés, une flotte de livreurs dédiés (malheureusement facturés à 25% du repas pour le restaurateur).

Les aides de l’Etat

Afin d’éviter une nouvelle crise après la fermeture des commerces de proximité, le gouvernement a mis en place des mesures de soutien renforcées concernant:

  • Trésorerie

Un fonds de solidarité renforcé et élargi pour les commerçants: Boutiques de prêt-à-porter, de décoration, chausseurs, bijoutiers, fleuristes, libraires, coiffeurs, bars, restaurants …(de moins de 50 salariés) pourraient recevoir jusqu’à 10 000€. Les professionnels du tourisme, de la culture, du sport et de l’évènementiel (de moins de 50 salariés et ayant subi une perte de chiffre d’affaires d’au moins 50%) pourront bénéficier  de l’aide jusqu’à 10 000€ par mois même si elles ne ferment pas. Les autres entreprises (de moins de 50 salariés, restées ouvertes mais dont le chiffre d’affaires a subi une baisse de plus de 50% due à la situation sanitaire) pourront prétendre à une aide allant jusqu’à 1500€.

  • Exonération des charges sociales

Pour les entreprises. Les travailleurs indépendants voient leurs charges suspendues.

  • Annulation d’un mois de loyer

Un crédit d’impôt pour les bailleurs d’un montant de 30% des loyers non perçus entre octobre et décembre.  Les entreprises de moins de 250 salariés fermées administrativement ou appartenant aux secteurs de l’hôtellerie, des cafés, de la restauration ou de la culture et donc les commerçants pourront bénéficier de cette mesure de soutien.

  • Mesure de soutien à l’emploi

Maintien du chômage partiel pour les commerçants jusqu’au 31 décembre, avec un reste à charge nul pour l’employeur pour  tous les secteurs protégés ou les secteurs qui font l’objet d’une fermeture administrative comme les cafés, bars, restaurants, ou encore les salles de sport. Les autres entreprises pourront toujours recourir au chômage partiel mais avec un reste à charge de 15% pour l’employeur.

  • Prêts garantis par l’État et prêts directs

PGE jusqu’au 30 juin 2021, au lieu du 31 décembre 2020 prévu initialement. Amortissement  étalé entre une et cinq années supplémentaires, avec des taux pour les PME négociés avec les banques françaises compris entre 1 et 2,5%, garantie de l’État comprise. Les entreprises, ayant déjà souscrit un PGE, pourront bénéficier d’un différé de remboursement d’un an, à savoir : débuter les remboursements en 2022 au lieu de 2021. Enfin, les entreprises qui ne trouvent aucune solution de financement bancaire, pourront bénéficier d’un prêt direct de l’État. Le montant de ce prêt pourra s’élever à 10 000 euros pour les entreprises de moins de 10 salariés et jusqu’à 50 000 euros pour les entreprises de 10 à 49 salariés selon les secteurs d’activité.

  • Mesure de soutien à la numérisation des commerçants et des artisans

Une enveloppe de 100 millions d’euros va être débloquée pour accélérer la digitalisation des petits commerces avec pour objectif qu’en sortie de crise la moitié des commerçants soit digitalisée. Pendant cette nouvelle période de confinement, les commerces contraints de fermer ont le droit de faire du click & collect et peuvent ainsi maintenir une activité même partielle. (Le chiffre d’affaires réalisé n’entrera pas dans le calcul du fonds de solidarité auquel ils peuvent prétendre. Ce chiffre d’affaires se cumulera à l’aide de l’État.)

  • Rétablissement de l’équité entre les petits commerçants et les grandes surfaces

Depuis dimanche soir, l’interdiction de la vente de produits non essentiels est interdite dans les supermarchés et hypermarchés à partir de mardi. Il y eu une tolérance jusqu’à mercredi pour laisser le temps aux grandes surfaces d’organiser la fermeture des rayons. Les produits concernés sont:

  • Les produits culturels
  • Les jouets
  • Le textile
  • La bijouterie
  • La décoration et les arts de la table
  • L’électroménager
  • Les fleurs

Les coiffeurs à domicile sont soumis au même régime par équité avec les salons fermés depuis le 30 octobre.