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22 février 2024

JOURNAL IMPACT EUROPEAN

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Le SYVADE a célébré ses 50 ans d’existence en leur engageant dans une démarche de transitions énergétiques et écologiques

Le SYVADE (le Syndicat de valorisation des déchets de la Guadeloupe) veut marquer son engagement fort dans une démarche de transitions énergétique et écologique.

Le SYVADE (le Syndicat de valorisation des déchets de la Guadeloupe) veut marquer son engagement fort dans une démarche de transitions énergétique et écologique.

En organisant des tables rondes sur les enjeux du traitement et la valorisation des déchets en Guadeloupe le jeudi 22 décémbre à partir de 18 heures au MACTe, en l’expliquer comment les déchets ménagers peuvent être triés par les habitants de l’archipel.

Cette structure, qui a succédé au SICTOM, est un outil de traitement et de valorisation des déchets ménagers de l’archipel guadeloupéen, crée en 1973, le SYVADE est implanté sur le site de Grand-Camp et gère les déchets de communautés d’agglomération de Cap Excellence, des communes de Petit-Bourg, de Goyave et de la communauté de communes de Marie-Galante, soit une population d’environ 150 000 habitants.

La préservation de notre environnement et la valorisation des déchets comme priorité

Le président, Dominique Biras, explique: “Après avoir connu une réduction de son périmètre, le Syvade opère aujourd’hui une profonde mutation. Il a pour ambition d’offrir aux collectivités, et par conséquent à la population, un service plus adapté, plus performant et respectueux des règles en matière de préservation de notre environnement.
Une urgence aujourd’hui, c’est la valorisation et le traitement des déchets pour en faire une ressource. Dès 2025, les travaux d’une nouvelle plateforme de traitement et de valorisation des déchets ménagers seront lancés sur le site de Grand-Camp, permettant ainsi de traiter à terme jusqu’à 120 000 tonnes de déchets chaque année contre 70 000 tonnes aujourd’hui.”

L’histoire d’un demi siècle

Au départ il y a eu Daniel Génies, il était alors président du SICTOM : c’était le temps de l’enfouissement. Aujourd’hui, nous devons faire un saut qualitatif, sortir de l’enfouissement…

Daniel Geniès (président du Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de l’agglomération pointoise de 1973 à 2008) a fait du traitement des déchets, le combat politique de sa vie, sur les quatre communes au départ, Abymes, Baie-Mahault, Gosier et Pointe-à-Pitre. Il s’agissait alors à l’époque d’éliminer, par tout moyen, y compris l’exportation, les déchets stockés à ciel ouvert, qui notamment sur le site de la Gabarre, posaient des problèmes graves de santé publique, de sécurité aéronautique et d’attractivité touristique. Son compagnon de route, le chercheur écologiste, Édouard Benito Espinal, ajoutait à ce combat la dimension environnementale, en popularisant les menaces pour la mangrove, la biodiversité, les oiseaux…

Le SICTOM, agrandit sa zone de collecte des déchets ménagers en 2008, 35 ans plus tard, sur 17 autres collectivités sont venues grossir son périmètre d’action : l’ensemble des communes de la Grande-Terre excepté Petit-Canal et deux communes Basse Terriennes : Petit-Bourg et Goyave.

À partir de 2013, le SICTOM se transforme en syndicat mixte ouvert et les deux grandes collectivités, la Région et le Département, s’y joignent pour garantir les prêts accordés par le SYVADE pour son projet de plateforme environnementale de traitement des déchets ménagers.

Le Sictom est né de leur combat, auquel les politiques publiques sont certainement restées trop longtemps sourdes, confesse Dominique Biras, président du Syvade.

Après l’acceptation de 17 autres communes, de nouveaux concurrents apparaissent, qui demandent à prendre certaines communes sous leur contrôle.

Une bataille qui a commencé en 2014, lorsque le syndicat est à son pic d’activité traitant les déchets de 275 000 résidents. Mais cette année marque également le début de sa descente.

De 2015, son domaine d’intervention commence à s’éroder avec la loi Notré qui donne l’acquisition automatique de la compétence déchets des EPCI.

Tout d’abord, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas rejoignent Grand Sud Caraïbe. Puis ce fut au tour des communes de la Riviera Levantine de quitter le navire avant qu’en 2020, la CANGT ne jette également l’éponge.

Les déchets coûte deux à huit fois plus cher qu’en métropole

La CRC rappelle que les quantités d’ordures ménagères produites par habitant, 330 kg, ne diminuent pas et le coût de traitement des déchets ménagers équivaut à « deux fois le coût moyen national » et jusqu’à « 8 fois pour les autres flux », selon un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC).

La chambre s’étonne également des coûts de traitement car la « norme » est l’enfouissement de « 84 % des déchets ». « Seuls 3,3 % d’entre eux font l’objet d’une valorisation matière par le recyclage notamment, écrivent encore les magistrats de la CRC. Ce taux atteint 15,6 % avec la valorisation organique (méthanisation notamment), très loin de l’objectif de 65 % fixé pour 2025 au niveau national et régional ».

Pourtant, les volumes de déchets traités par le syndicat « représentent (en 2020, NDLR) une part déterminante pour atteindre les objectifs du plan régional de prévention et de gestion des déchets », qui a pour objectif de devenir un « territoire zéro déchet d’ici à 2035 ».

Le rapport préconise aux dirigeants du Syvade de mieux maîtriser « l’exécution de ses marchés, afin d’en maîtriser le coût ». Prenant pour exemple le coût du traitement de la tonne pour Marie-Galante qui atteint 500 euros notamment en raison des frais de transport d’une île à l’autre, « la chambre considère que le Syvade doit impérativement le réduire, d’autant qu’il repose essentiellement sur la contribution des autres intercommunalités ».

Le rapport pointe la « centralisation trop forte » de la gestion de l’organisme dans les mains de son président, en poste depuis août 2020.

En Guadeloupe, où de nombreuses décharges sauvages existent, la gestion des déchets reste un vrai défi pour les autorités locales. Ces dernières mettent leur espoir dans des usines de combustible solide de récupération qui doivent brûler les déchets les plus calorifiques en vue de produire de l’électricité et enrichir le mix énergétique local.

Dominique Biras, le président du Syvade, de la Guadeloupe dispose de ressources grâce aux déchets qui peuvent contribuer à être transformés en combustible. “Comme on le sait bien en Asie et même en France, les déchets peuvent être transformés en hydrogène, en électricité ou en gaz, d’une ressource à une transition énergétique et écologique, … nous n’avons pas de déchets, nous avons des ressources. Notre objectif est de signer en septembre 2024 et de le mettre en service en 2027, grâce aux subventions qui seront accordées pour réaliser ce projet avec le soutien de l’Etat et du préfet. La Guadeloupe ce sera la première usine de transition énergétique et écologique de la Caraïbe.”

Le SYVADE a ouvert les portes du site à l’occasion du 50e anniversaire, pour que les habitants puissent observer les progrès et progrès en matière de recyclage des déchets, mais aussi la qualité de l’air autour du lieu de travail, un projet qui a bien avancé et qui a pour ambition de devenir plus productif en termes d’énergie, d’hydrogène et de gaz à l’avenir.

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