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Une manifestation pour défendre l’assurance chômage

Une manifestation nationale s’est tenue dans les grandes villes françaises le 23 avril. Son but était de demander l’abrogation de la réforme de l’Assurance-chômage. A Paris, elle partait de la place d’Italie en direction de la Bastille.

Malgré la crise sanitaire, économique et sociale, le monde du travail doit payer pour les décisions du gouvernement. Aides publiques (sans contrepartie) aux industries qui n’hésitent pas à licencier, s’opposent à la précarisation des salariés.

L’assurance-chômage concerne tout le monde car les conséquences de la crise économique actuelle vont entraîner la perte d’emploi pour des millions de travailleurs. C’est pourquoi, chômeurs, précaires, intérimaires, intermittents, étudiants, retraités, salariés se mobilisent. Des occupations de lieux culturels sont en place depuis un mois et se multiplient au-delà du secteur culturel. Le slogan: « Occupons! Occupons! Partout Occupons! ».

La coordination des lieux culturels occupés, SUD Culture, l’Union Syndicale Solidaires et la CGT ont appelé à manifester et occuper les lieux pour abroger la réforme sur l’assurance-chômage. Cette loi devrait s’appliquer dès le 1er juillet prochain.

Qu’est-ce que la réforme de l’assurance-chômage?

Le 02 mars dernier, la Ministre du Travail a présenté aux organisations syndicales et patronales le contenu du décret d’application de la réforme de l’assurance-chômage. Décidée en 2019, elle a subi de nombreux reports.

A compter du 1er juillet 2021, les droits au chômage feront l’objet d’un nouveau mode de calcul, avec un salaire journalier de référence bien différent. Jusqu’alors, on calculait le montant de l’allocation à partir des jours travaillés sur une période de 12 mois. Désormais, il faudra prendre en compte une période de 24 mois , incluant les jours travaillés ou non.

Selon l’UNEDIC,  1,15 million de salariés seront amputés en moyenne de -17 %à partir du 1er juillet. Avec seulement  840 000 chômeurs impactés, le gouvernement ne tenait pas compte des conséquences de la crise sanitaire, ni de la précarité de l’emploi.

A qui s’adresse cette réforme?

Le  conseil d’état a refusé partiellement la réforme de l’assurance- chômage. C’est plutôt une contre-réforme au vu de la réduction des montants des allocations de travailleurs ayant perdu leurs emplois. On constate une perte allant de 20% en moyenne, jusqu’à 45% dans certains cas, à cause d’un nouveau système de calcul. Cela va concerner plus d’un million de chômeurs et des dizaines de milliers n’auront droit à aucune indemnité chômage.

Depuis 30 ans, les gouvernements successifs s’attaquent à l’ensemble des droits sociaux. Assurance maladie, retraites ou assurance chômage sont dans le collimateur. Viser le système de protection sociale permettant de continuer à vivre quand on est privé d’emplois oblige à accepter n’importe quel emploi. Les salaires baissent et les conditions de travail se détériorent.

A partir du 1er octobre, un nouveau durcissement concernera la durée de travail nécessaire pour ouvrir des droits : il faudra désormais avoir travaillé 6 mois sur les 28 derniers mois au lieu de 4 mois sur les 24 derniers mois.

Les revendications

  • Un nouveau statut des salariés garantissant la continuité inconditionnelle du salaire entre deux emplois. Je perds mon emploi, je garde mon salaire.
  • 10 chômeurs sur 10 indemnisés au minimum au SMIC, dès l’entrée dans le monde du travail.
  • La semaine de travail de 32h, sans diminution des salaires, ni flexibilité et avec embauches compensatoires.
  • Un salaire pour tous les étudiants
  • Une extension de la sécurité sociale, sa gestion par les travailleurs pour les travailleurs et l’exclusion du patronat de ses instances de décisions
  • L’arrêt des exonérations et des suppressions de cotisations sociales.
  • La création massive de postes de titulaires dans les services publics.
  • La création d’emplois réellement stables dans les secteurs utiles socialement et écologiquement, en privilégiant les coopératives de productions et non les entreprises capitalistes.
  • Le durcissement du seuil d’ouverture de droit depuis le 1er novembre 2019 .
  • L’allongement à 6 mois du seuil de rechargement .
  • la dégressivité.
  • La mise en œuvre au 1er septembre du changement de mode de calcul de l’allocation, qui induirait une baisse pouvant aller jusqu’à 75 % des allocations mensuelles ;
  • L’arrêt de la politique de sanction contre la précarité.

Perspective de revendication de sécurité sociale professionnelle:

  • La prolongation d’un an des droits pour tous les travailleurs précaires .
  • Le gel du décompte des droits pendant la période d’impossibilité de travailler pour que nombreux salariés inscrits ne se retrouvent sans droit .
  • Des mesures pour tous les entrants, notamment les jeunes qui n’atteignent pas les seuils d’ouverture de droits.
  • Le déplafonnement des cotisations et des allocations des cadres. (Des cotisations chômage sur la part des salaires supérieure à 13 712 €, pour les dirigeants).Selon  l’UNEDIC et la Cour des comptes, cela dégagerait près de 800 millions d’euros de recettes supplémentaires. Les grandes entreprises qui concentrent les plus hauts salaires seraient concernées .

Pour le secteur culturel

SUD Culture Solidaires, impliqué dans la lutte des lieux culturels occupés, tout comme CGT Spectacle  demandent:

  • Un vrai plan de relance pour financer toutes les formes de travail (créations, répétitions, ..) toutes disciplines confondues (spectacle vivant, audio-visuel, arts plastiques…) en concertation avec les travailleurs/ses de la culture.
  • La prolongation de l’année blanche sur les droits au chômage pour les intermittents du spectacle jusqu’à la reprise totale des activités, augmentée ensuite d’une année.
  • L’élargissement de ce dispositif aux intermittents de l’emploi laissés pour compte (extras de l’hôtellerie-restauration-évènementiel, intérimaires, saisonniers…) et que ceux bénéficient à nouveau des dispositions de l’annexe 4 de l’assurance chômage.
  • L’ouverture immédiate des droits pour les cotisants aux annexes 8 et 10, peu importe le nombre d’heures cotisées.
  • La garantie d’accès aux droits sociaux (maladie, retraite, maternité, prévoyance, formation)
  • La validation automatique pour la retraite de tous les trimestres depuis le début de la crise sanitaire et jusqu’à la reprise complète de l’activité pour tous ceux qui n’ont pas pu travailler.
  • Création d’un nouveau statut du travail salarié qui doit permettre à chacun, de la sortie du système scolaire à la fin de sa carrière professionnelle, de disposer d’un certain nombre de droits cumulatifs et progressifs, transférables d’une entreprise à l’autre, d’une branche à l’autre, opposables à tout employeur.

Mouvement dans toute la France

Les intermittents du spectacle qui occupent actuellement plus de 80 lieux culturels exigent l’ouverture des lieux culturels et l’annulation de la réforme de l’assurance chômage.

Marseille :  Des dizaines de manifestants se sont retrouvés vendredi à 11 h devant le théâtre du Merlan. Ils demandaient le retrait de la réforme de l’assurance chômage, prévue pour le 1er juillet prochain.

Nantes: Le cortège de 1.500 manifestants s’était réuni au théâtre Graslin, actuellement occupé. Ils  arboraient des pancartes comme « Trop long l’entracte », « Macron démission » ou encore « réouverture immédiate des lieux culturels.

 Lyon: 600 manifestants ont marché du TNP de Villeurbanne à l’Opéra de Lyon. Des intermittents et des étudiants issus des filières artistiques occupent respectivement ces 2lieux depuis la mi-mars.

St-Etienne: 200 personnes et des intermittents ont organisé un clapping. Ils ont scandé « Nous sommes tous essentiels » sur l’air de « We Will Rock You ».

 Lille: 500 personnes ont manifesté derrière une banderole « stop aux licenciements, délocalisations, et suppressions de postes ».

Vendredi, Élisabeth Borne a assuré « avoir entendu ces oppositions » mais « pense vraiment qu’il faut modifier le système actuel ». Elle a dû mettre en place une aide exceptionnelle pour leur assurer un revenu de 900 euros ». Elle s’adresse à ceux qui alternaient des contrats courts ou n’ont pas pu travailler en 2020.

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