Nénette, l’orang-outan, a fêté ses 50 bougies

Nénette…L’évocation de ce nom attendrit les cœurs de tous ceux qui ont croisé son regard profond à la Ménagerie du Jardin des Plantes de Paris. Nénette n’est pas un orang-outan comme les autres. Elle est l’un des derniers individus de son espèce à avoir été directement prélevé dans la nature avant que cela ne soit interdit en 1973. En l’occurrence ici, nous parlons de la jungle luxuriante de Bornéo. Victime collatérale de braconniers, elle a été accueillie ici il y a près de 47 ans, une véritable prouesse en captivité

L’équipe du zoo a souhaité célébrer son 50e anniversaire avec le public, présent en nombre ce dimanche 16 juin 2019 pour assister à tout un programme de festivités organisées en son honneur, notamment la remise de cadeaux gourmands et une séance de peinture, car oui, la quinquagénaire est aussi une artiste-peintre reconnue.

L’objectif de cette journée n’était pas tant de démontrer l’habileté et l’intelligence de Nénette – celles-ci sont connues de longue date – que de sensibiliser à la préservation de la biodiversité. L’orang-outan de Bornéo est classé en danger critique d’extinction par l’IUCN, Union internationale pour la conservation de la nature qui dépend de l’ONU. Il resterait entre 50,000 et 60,000 individus dans la nature tandis que 80% de son territoire a été rayé de la carte, du fait de l’exploitation de l’huile de palme. S’ajoutent à cela le braconnage et la vente de jeunes spécimens en tant qu’animaux de compagnie. Des cas de prostitution animale ont même été rapportés il y a quelques années.

La sensibilisation, telle a été la vertu de cet événement hors du commun. Alors que Nénette dégustait avec le plus grand raffinement son fraisier allégé en sucre devant les yeux stupéfaits des petits et des grands, les soigneurs rappelaient l’importance de la sauvegarde de l’espèce dans les zoos, seul lieu où ils sont aujourd’hui en sécurité. L’importance aussi du brassage génétique afin d’éviter la consanguinité. Pourrait-on peut-être rajouter que le boycott pur et simple des produits composés d’huile de palme permettrait d’enrayer véritablement l’érosion du territoire de ces primates ?