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Dernier tour de piste pour France Ô

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Dimanche 23 août au soir, après 22 ans d’existence, France Ô a cessé de diffuser définitivement.

La chaîne du service public du groupe France Télévision consacrée principalement aux Outre-mer ne diffuse plus  sur la TNT malgré le mécontentement des téléspectateurs; elle sera désormais visible en numérique. Ironie du sort, ou coincidence, la date choisie par le gouvernement pour cesser de diffuser correspond à celle de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition.

France Ô, chaîne généraliste française du service public est née en 2005, succédant à RFO Sat, elle même créée en 1998. Les programmes de la chaîne s’appuient sur la diversité culturelle et la France d’Outre-mer, faisant  découvrir les secrets et  la beauté des territoires à la Métropole. Elle propose aussi de nombreuses émissions,  reportages ou retransmissions de concerts consacrés au continent africain et à sa population.

Diffusée à ses débuts sur le câble et le satellite, elle accéde à l’échelle nationale à la TNT en 2010

Il y a 1 an, en juillet 2019, France Télévisions signait un “pacte de visibilité“, visant à “garantir durablement la présence des Outre-mer au centre de l’offre de l’audiovisuel public , avec des objectifs chiffrés . Le gouvernement d’Edouard Philippe annonçait la suppression de la chaîne France Ô en 2020 dans le cadre d’économies chiffrées à 190 millions d’euros, imposées à l’audiovisuel public d’ici à 2022. En effet, les audiences trop faibles (0,8 % en 2016 puis 0,6 % en 2017) ne pouvant faire face au coût de diffusion, la date fatidique de clôture du 9 août a été repoussée au 23 août, contrairement à la chaîne destinée aux enfants, qui a bénéficié en juillet d’un sursis d’un an (jusqu’à l’été 2021). L’ancien ministre de la culture, Franck Riester s’est même exprimé auprès de la Présidente de France Télévisions pour un maintien des 2 chaînes, lui demandant de proposer une grille des programmes. Après la nomination à la culture de Roselyne Bachelot dans  le gouvernement de Jean Castex, la ministre a confirmé la disparition de France Ô: Sur France Ô, je pense que la question et résolue parce que finalement on était arrivé à une sorte de confinement de l’Outre-mer dans le service public audiovisuel et l’Outre-mer doit participer à l’ensemble de l’audiovisuel”, a-t-elle déclaré. Elle a par ailleurs insisté sur le rôle de France 4 durant le confinement grâce aux programmes éducatifs pour tous les niveaux.

Cette décision doit renforcer les médias publics ultramarins (le réseau Outre-mer) et le lancement en juin par France Télévisions d’un portail numérique enrichi dédié aux Outre-mer, baptisé “Outre-mer la 1ère” .Par ailleurs, une amélioration très significative de la visibilité des Outre-mer dans les programmes à forte audience des chaînes de France Télévisions

Avant sa fermeture, de nombreux soutiens se sont faits entendre dont une tribune publiée dans Libération le 27 juillet et signée par 125 personnalités, dont Lilian Thuram, Marius Trésor et Audrey Pulvar; une pétition en ligne #SauvonsFranceÔ  paraphée par plus de 100 000 personnes, un rapport sénatorial d’avril 2019 sur la “représentativité et la visibilité des Outre-mer dans l’audiovisuel public“qui préconisait le maintien de France Ô.

Alors qu’il était candidat en 2017, Emmanuel Macron avait promis lors de la rencontre des associations ultramarines,  “France Ô sera maintenue, je vous rassure. Il n’y aura pas de suppression de France Ô. Elle a un programme et une justification pleine et entière ”

La dernière intervention remarquée est celle de Babette de Rozières, qui a réclamé dans un communiqué le 22 août la création d’un observatoire des outre-mer dans l’audiovisuel public qui  “formulerait des recommandations pour une visibilité plus forte ” des outre-mer dans « les ressources humaines, les visages à l’antenne et les contenus éditoriaux”.

 

 

 

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